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mardi 27 mai 2008

Sam & Twitch

L'un est petit et trapu, l'autre est grand et débraillé. Non, ce n'est pas Laurel & Hardy dont je parle mais des inspecteurs Sam & Twitch dont les premières aventures ont été écrites par Brian Michael Bendis.

Après, Torso, Jinx, Goldfish, Fortune & Glory, Alias et The Pulse, revenons une nouvelle fois en arrière sur les différentes œuvres de Bendis avant qu'il ne soit connu.

Avant de commencer, je tiens à faire quelques deux petites précisions :

Tout d'abord, les albums dont je parle ne sont plus disponibles en France, je les ai acheté en import sur amazon.

Ensuite, sont disponibles en France aux éditions Delcourt deux autres tomes de Sam & Twitch mais dont je ne traiterait pas aujourd'hui car ils ne sont pas de Bendis mais écrit par Andreyko (son pote avec qui il a collaboré sur Torso). Ces deux albums sont plutôt bien, mais ne sont pas franchement excellent non plus. Ne vous ruez donc pas forcément sur ces deux là juste parce que je dis du bien sur cette série. Je reviendrais sur le run d'Andreyko une autre fois.

Ceci étant dit, rentrons dans le vif du sujet. Sam & Twitch est une série policière typiquement dans la lignée des autres séries de Brian Michael Bendis. On a donc droit à des intrigues de qualités, de nombreuses scènes qui posent bien les différents caractères des personnages et bien sûr de nombreux dialogues qui construisent le récit. La construction des enquêtes est d'ailleurs assez similaire à celles de Powers. Si vous aimez cette série, vous apprécierez forcément Sam & Twitch.

Mais là où l'œuvre se démarque, c'est par son ambiance plutôt glauque qui se dégage de l'ensemble du comics. Un soin tout particulier a été apporté sur les dessins, en effet, Alex Maleev (Daredevil) accomplit ici un travail admirable. Mais je me dois aussi souligner le très gros effort qui a été fait pour la coloration de l'album. On se rend compte en lisant cette bd à quel point le choix des couleurs est déterminant pour faciliter l'immersion du lecteur dans cette vision poisseuse de New-York.

La série reprend d'ailleurs l'univers de Spawn qui fera quelques petites apparitions amusantes. En effet, Sam & Twitch sont des personnages entièrement créés par Todd Mc Farlane. Mais rassurez vous, pas besoin du tout de lire ou même de connaitre Spawn pour comprendre. Les histoires sont parfaitement indépendantes et pourraient parfaitement se détacher de l'œuvre originale.

Mais là où Bendis fait fort, est qu'il arrive à imprégner ses enquêtes avec subtilité d'une légère source de fantastique. Des évènements surnaturels perturbent constamment le travail des deux policiers mais cela ne vient jamais nuire à la crédibilité de l'histoire. Toutes les questions ne trouvent pas nécessairement leurs réponses, le lecteur est souvent invité à croire ou non à cette vision fantastique qui n'est jamais réellement imposée.

Bref, Sam & Twitch fait partie des meilleurs histoires de Bendis. Elle est d'ailleurs beaucoup plus grand public et moins soporifique que Goldfish ou Jinx. On se retrouve face à un comics divertissant mais d'une extrême qualité.



PS : Désolé pour la faible fréquence de messages sur ce blog ces derniers temps. Il se trouve que je suis assez occupé.

lundi 19 mai 2008

The Pulse

Après Powers, Torso, Goldfish, Jinx, Fortune & Glory et Alias, continuons notre parcours sur les oeuvres moins connues de Bendis. Aujourd'hui, malgré beaucoup de retard : The Pulse.

Nous avions vu Alias la dernière fois, c'est donc tout naturellement que nous traitons de cette série aujourd'hui puisqu'elle en est la suite directe.

Jessica Jones, enceinte, quitte son agence de détective privée pour travailler au Daily Bugle sous les ordres de l'insupportable JJJ.

La série n'a pas durée très longtemps, seulement 14 épisodes, car elle a du se plier aux exigences du crossover Civil War qui rendait impossible la continuation de la série.

Les différentes histoires de cette séries sont assez distinctes les unes des autres. L'auteur change et le style de narration est lui aussi très différent.

Jessica
fait ses débuts dans le journalisme à sensation. Elle va commencer par regarder du coté d'Oscorp où un certains nombre de personnes ont tendance à disparaitre. Mmmh... Oscorp, n'y aurait-il pas un certain "Norman Osborn" qui travaille là bas ?

Mais ce n'est que le débuts, d'autres histoires seront directement lié à ce qui se passe dans l'univers marvel comme durant la Secret War par exemple où les évènements seront racontés selon le point de vue de Jessica.

On s'éloigne beaucoup de l'univers d'Alias dans certains épisodes. On rentre dans une histoire de super-héros beaucoup plus classique. Spider-Man jouera d'ailleurs un rôle assez important durant la première aventure. Jessica Jones semble beaucoup plus en retrait, elle se fait même voler la vedette par Ben Urich.

Les dessinateurs changent à chaque cycle. On commence par du Mark Bagley, puis Brent Anderson, Michael Lark (Daredevil) et enfin Michael Gaydos (Alias).

J'ai été un peu déçu par la contribution de Mark Bagley. Attention, j'aime beaucoup Bagley qui soigne énormément son travail et j'ai beaucoup apprécié sa contribution aux Ultimate Spider-Man. Cependant, ici, je trouve que ses dessins ne collent pas vraiment à l'ambiance de la série. Son style ne s'adapte pas vraiment aux intrigues policières.

Mais le tir est vite ajusté par la suite à travers tous les autres dessinateurs qui font un travail remarquable.

Donc, malgré toutes ses qualités, pourquoi The Pulse reste un niveau en dessous des Alias ?

Probablement parce que ces histoires s'inscrivent un peu trop dans la continuité de l'univers Marvel. Alias avait l'habitude de s'inscrire dans cet univers de manière détournée, un peu en décalage avec l'univers Marvel classique. Bendis nous avait habitué à traiter du thème des super-héros par des aspects sous lesquels on ne les attends pas forcément. Ici, on est dans quelque chose de beaucoup plus classique.

Mais ne soyons pas trop sévère non plus, la série n'en est pas moins très bonne et nous réserve quelques moments d'anthologie qui valent vraiment le détour.

dimanche 27 avril 2008

Alias

Damned, les Bendis que j'ai commandé sur amazon ne sont toujours pas arrivés. Mais comment vais-je faire pour ma chronique hebdomadaire ? J'ai trouvé ! Je vais parler d'Alias cette semaine et The Pulse la semaine prochaine.

Après Powers, Goldfish, Jinx et Fortune & Glory, voici donc Alias.

Cette série fait partie intégrante de l'univers Marvel. On retrouve de nombreux personnages connus comme par exemple Luke Cage, Carol Danvers et Matt Murdock. D'ailleurs, on retrouve certains passages qui sont identiques entre Alias et Daredevil, seul le point de vue du narrateur change.
Les dessins sont de Michel Gaydos et collent parfaitement à l'ambiance.

Cette série comporte le label "Max". Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ce n'est pas pour les enfants. Les thèmes traités dans cette série sont majoritairement adultes. Il y a quelques scènes de sexe et le langage est plutôt vulgaire par moments.

Pour changer un peu, je vais traiter cette série par tomes.

Tome 1 - Le Piège

Jessica Jones est une détective privée. Elle a eu une carrière de super-héros qui s'est plutôt mal terminée.

Un beau matin, une femme se présente à son agence lui demandant de retrouver sa sœur disparue.
Son enquête va la conduire tout droit sur un scandale impliquant Captain America. Mais notre héroïne va vite être liée à une sombre affaire de meurtre. Le doute n'est plus permis, on essaye de la manipuler. Mais par qui ? Et pourquoi ?

Le premier tome commence très bien. Il s'agit d'une bonne histoire de conspiration qui est très bien menée de bout en bout.

Tome 2 - Secrets et Mensonges

La tension baisse de manière drastique dans ce tome beaucoup plus calme et posé. Cette fois, Jessica part à la recherche d'un super héros au passé très coloré. Cet homme aurait fait équipe avec les Avengers et serait désormais la cible des Skrulls. Mais notre héroïne commence à avoir des doutes sur la véritable identité de l'homme qu'elle recherche.

C'est presque le jour et la nuit entre le tome 1 et 2. Bendis abandonne les aventures de conspirations pour une histoire plus simple en se concentrant beaucoup plus sur la psychologie de ses personnages secondaires. Le rythme est donc beaucoup plus lent, mais certaines scènes sont plutôt bien trouvées et arrivent presque à nous émouvoir.

Ce tome est en rupture de stock. Comme certains Daredevil, il est donc très dur de le trouver à un prix raisonnable. Cependant, il n'est pas indispensable pour la continuité de l'histoire.

Ce tome se termine par une conversation entre Jessica Jones et Jonah J. Jameson (ça fait beaucoup de "J" tout ça). Le tout est entièrement dessiné par Bill Sienkiewicz. L'épisode est amusant, mais un peu longuet.


Tome 3 - Reviens, Rebecca !

Ici, notre détective vient enquêter dans un bled paumé pour le moins inhospitalier. Elle est engagée pour retrouver une jeune étudiante disparue et récemment suspectée d'être une mutante. Dans ce genre de petits villages ou la mutophobie est courante, la paranoïa s'installe...

Cette intrigue est bien menée et réserve quelques rebondissements.
Notons également la présence de quelques planches de David Mack.


Tome 4 - Mattie

Le rythme redevient beaucoup plus soutenu à partir de ce tome. Une jeune demoiselle fait irruption dans le bureau de Jessica vêtue du costume de Spider-Woman. Confuse, elle s'enfuit aussitôt. Qui est donc cette mystérieuse personne et dans quel pétrin s'est elle fourrée ? Cette personne s'avèrera être particulièrement liée à Jonah J. Jameson.
Pour la retrouver, Jessica Jones va devoir renouer avec ses anciennes habitudes de super-héroïnes. Chose qu'elle aurait souhaitée ne plus jamais avoir à faire.

Notons en guest star la présence de Jessica Drew.


Tome 5 - Pourpre

L'histoire commence par un flashback relatant les origines de Jessica Jones. Ensuite, on rentre dans le vif de l'action avec le passé qui revient faire surface en pleine figure de notre héroïne. Mais quel est donc son douloureux secret ? Toutes les réponses sont apportées dans cet épisode explosif qui conclut avec brio la série.
Les flashback sont dessinés par Mark Bagley.

Mais les aventures de Jessica Jones ne s'arrêtent pas là, la série continuera dans The Pulse, que je chroniquerais la semaine prochaine.

En attendant, voici un extrait choisi :

samedi 26 avril 2008

Ultimate Spider-Man #121

Après les quelques mésaventures mutophiles de notre ami arachnéen, on reste dans un ton assez léger. Les premières pages sont en effet assez hilarantes. Tout l'épisode fonctionne sur un petit flashback que Peter narre auprès de son institutrice et du reste de sa classe.

Parker est en plein milieu de son job au Daily Bugle, mais son "spider-sens" semble le titiller. Quelque chose ne tourne pas rond...

L'épisode est totalement indépendant, ce n'est donc pas une aventure particulièrement élaborée. Juste quelques scènes qui remettent les choses au point face au dernier évènements et une petite bagarre sous le regard ébahi de JJJ.

Au final, ce tome s'avère plaisant, mais pas franchement indispensable. Son intérêt vient surtout de l'embarras de Peter Parker qui essaye tant bien que mal de se justifier sans griller sa couverture. L'exercice reste peut être assez vain, mais toujours aussi agréable à lire.

vendredi 25 avril 2008

Mighty Avengers #12


"J'en ai terminé, vous n'entendrez plus jamais parler de moi." Telles furent les dernières parles de Nick Fury qui disparu de la circulation suite aux conséquences de sa "Secret War". Mais qu'est il devenu ? Qu'a t'il fait durant son absence ? C'est à ces questions que Bendis apporte les réponses. Car alors que Fury pensait prendre une retraite tranquille bien méritée, ses plans vont être perturbés par quelques méchantes personnes vertes à têtes pointues.

Tout comme Secret War, cette histoire (qui n'a pas grand chose à voir avec les Mighty Avengers) est traitée comme un film d'espionnage. Comme d'habitude, malgré l'absence totale de scènes d'actions, Bendis arrive à nous scotcher au récit jusqu'à la dernière minute.

L'ambiance est largement renforcée par la contribution d'Alex Maleev. Son travail est impeccable et l'on prend un réel plaisir à admirer ses planches.

Bref, même si je m'attendais à un retour plus spectaculaire, je dois admettre que j'ai été agréablement surpris face à la qualité du travail fournit sur ce numéro.

dimanche 20 avril 2008

Fortune & Glory (A True Hollywood Comic Book Story)

Tout d'abord, désolé pour ma faible présence sur ce blog ces derniers temps, cette semaine sera plus chargé. Ceci étant dit, passons aux choses sérieuses.

Après Powers, Torso, Goldfish et Jinx, attaquons nous à un autre comics de Brian Michael Bendis hors marvel.

Cette fois on quitte l'univers du polar pour s'aventurer sur le terrain de l'humour. On est toujours dans le noir et blanc, mais cette fois, le style est radicalement différent. Bendis est plus qu' omniprésent dans cette œuvre, puisqu'il est à la fois le scénariste, dessinateur et acteur principal de sa propre BD.

En effet, le héros n'est autre que Bendis lui même qui se met en scène pour raconter sa brêve expérience Hollywoodienne. Quand on se procure ses polars, les éditeurs n'hésitent pas à se vanter dans les éditos en indiquant que ces "histoires sont déjà retenues par les producteurs hollywoodiens". Mais qu'en est-il réellement ?

Nous sommes en 1997, Bendis, assez fier d'avoir terminé son Goldfish est contacté par Hollywood qui veut en faire un film. Naïf, notre dialoguiste chauve préféré va découvrir à ses dépends que le chemin pour transformer un bouquin en film est long et parsemé d'embuches...

La satire hollywoodienne est évidente. Le professeur Bendis va démonter pour nous tous les rouages complexes du monde du cinéma. A travers les nombreux dialogues, l'écrivain fait preuve d'une extrême pédagogie tout en parsemant ses pages de scènes hilarantes.

On a souvent vu des films qui se veulent critique sur le monde du cinéma (The Players, Get Shorty, etc...). Mais dans Fortune & Glory, la critique est sur un autre terrain. Bendis ne tombe pas dans le stéréotype du méchant producteur qui ne pense qu'à se faire du fric au détriment des auteurs (je ne dit pas que ce cliché n'est pas véridique, juste que ce n'est pas le propos de l'œuvre). Sans rentrer dans la dénonciation, c'est une vision lucide de la machine hollywoodienne qui nous est retranscrite. Une fois la lecture terminée, on comprend beaucoup mieux la logique de cette gigantesque administration.

Je n'ai pas pu le trouver en français, il y a évidemment beaucoup de dialogues et les dessins sont minimalistes. Il s'agit d'une histoire vraie, et tout ce qui y est raconté se base sur du vécu. Mais je dois vous avouer que je me suis rarement autant amusé à la lecture d'une BD. Bendis arrive facilement à toucher le lecteur, car au delà d'une aventure Hollywoodienne, beaucoup s'y retrouveront lorsqu'ils ont du faire face à l'incompréhension d'une administration plus grande qu'eux.

lundi 14 avril 2008

Jinx


Elle s'appelle Jinx, elle est chasseuse de prime et elle est l'héroïne d'un polar en noir et blanc écrit par Brian Michael Bendis.

Notons tout d'abord que Jinx fait partie du même univers que Goldfish. On y retrouve certains personnages, notamment David Gold qui aura un rôle majeur dans l'histoire. Jinx a été écrit après Goldfish, mais l'histoire se déroule avant, vous me suivez ? Non, pas grave je continue.

Jinx traque les délinquants à la petite semaine contre une modique somme d'argent. Elle ne s'entend pas avec ses collègues et passe son temps à ramasser des raclures. Bref, sa vie est plutôt merdique. Par le biais de diverses coïncidences, elle va croiser le chemin de David Gold qui a justement une prime sur sa tête. Mais plutôt que de l'arrêter, les deux protagonistes vont mettre leurs efforts en commun pour retrouver un magot soigneusement caché.

Si vous avez aimé Goldfish, vous aimerez probablement Jinx. On y retrouve les mêmes ficelles narratives, le même style de dessins, et bien sûr les mêmes dialogues.













Si vous n'avez pas aimé Goldfish (ce qui peut se comprendre), vous n'aimerez probablement pas Jinx. Cependant, cette dernière histoire me semble tout de même légèrement meilleure et beaucoup plus aboutie. Les personnages gagnent en profondeur et ont un passé beaucoup plus coloré.

L'histoire est elle plus crédible dans Jinx ? Non, pas du tout. En fait, le scénario est complètement tiré par les cheveux. Bendis joue sur les retournements de situations improbables et n'accorde pas vraiment d'importance à la crédibilité de certaines scènes. L'auteur affirme avoir voulu faire une version moderne du "Bon, la brute et le truand". A partir de là, il ne s'embarrasse pas à monter une histoire qui tient debout, les scènes servent surtout de prétexte à créer de nouvelles situation entre les protagonistes.

Mais c'est là où le comics réussit son coup. On en vient à oublier l'histoire pour s'intéresser aux relations qui se tissent au fil de l'œuvre. Si on adhérait pas plus que ça aux personnages dans Goldfish, ici, l'alchimie entre cette chasseuse de prime et ce petit truand fonctionne.

Car là où Bendis fait fort, est qu'il nous plonge dans un polar noir à l'univers cynique et désabusé, et qu'il arrive à en ressortir une histoire d'amour, belle et touchante.


La semaine prochaine, on quitte le polar et on s'attaque à la comédie avec "Fortune & Glory".

lundi 7 avril 2008

Goldfish

Après Powers et Torso, attaquons nous à une autre œuvre moins connu du scénariste Brian Michael Bendis.

Goldfish est en effet une des premières histoires publiées par le scénariste à succès. L'auteur a tout fait lui même, de l'écriture, du découpage jusqu'aux dessins. On obtient alors un bon polar en noir et blanc jouant plus sur l'ambiance et ses dialogues que sur l'originalité de son scénario.

David Gold, arnaqueur à la petite semaine est de retour en ville après presque 10 ans d'absence. Avant de partir, il ne s'était pas fait que des amis. Goldfish compte se venger de son ancienne compagne devenue parraine locale. Il va alors tenter de remettre les pendules à l'heure dans une arnaque impliquant une partie de poker à très hauts risques.

Quand on ouvre ce gros bouquin (260 pages) on remarque tout de suite l'emprunt au cinéma de genre :
Une histoire d'arnaque (qui n'est que le premier tiers de l'histoire d'ailleurs), un homme au passé mystérieux et une ville remplie de gangsters. Dans cette histoire, quasiment tous les personnages sont ou des flics, ou des malfrats.

Même le découpage est cinématographique. Quand il n'y a pas de dialogues, ce sont souvent de longs silences aux cadres très travaillés qui prennent le pas.

Bref, tous les codes classiques du polars sont réunis. Cependant, on a parfois l'impression que Bendis en fait trop. En effet, son travail transpire l'exercice de style. L'auteur respecte presque trop le genre qu'il investit sans jamais vraiment le transcender.

Ce léger défaut mis à part, Goldfish a toutes les qualités que l'on retrouve dans la quasi totalité des œuvres de Bendis. Je parle bien sûr des très bons dialogues, des personnages attachants et contrastés et de l'ambiance très réussi qui se dégage de ces pages.

Quand tous ces éléments sont réunis, il est difficile de ne pas se trouver devant une bonne BD. Cependant, pour l'apprécier, il faut vraiment aimer ce genre d'histoires. Pour peu que l'on accroche pas aux personnages, il devient alors très facile de s'ennuyer. Les dessins restent parfois assez minimalistes et certaines pages contiennent tellement de dialogues que Bendis a carrément supprimé les bulles pour nous mettre uniquement des pages de textes avec juste un dessin en arrière plan.

Vous l'aurez compris, Goldfish ne s'adresse pas à tout le monde. Mais pour peu que vous soyez fan de l'auteur et que vous aimiez le genre, alors dans ce cas l'achat devient plus qu'envisageable.

La semaine prochaine : Jinx (si j'ai le temps de le relire).

samedi 5 avril 2008

Secret Invasion #1


On savait qu'ils allaient arriver, les fans les attendaient de pied ferme, ils ont débarqué cette semaine aux États-Unis.
Les Skrulls viennent d'envahir l'univers Marvel.

A vrai dire, ce n'est pas tout à fait vrai. Ils ne viennent pas de nous envahir, car ils sont déjà là. Mais comment ont-ils fait pour nous infiltrer sans que personne ne puisse sans rendre compte ?
Cette fois, ils passent à l'offensive...

Moi qui suis un peu terre à terre, j'avais peur que cette histoire d'invasion fasse un peu kitch. Il n'en est rien. Durant ces 44 pages, on a pas le temps de s'ennuyer une seule seconde. Les révélations fusent, et les premiers Skrulls sont dévoilés. Pour certains, on le voit venir, pour d'autres, pas du tout. Ça ne fait que commencer, et la série enchaine les coups de théâtres toutes les 2 pages. Le lecteur, lui, pousse un "oh my god!" toutes les 30 secondes en tournant frénétiquement les pages pour connaitre la suite.

Bendis avait bien préparé son coup. A la fin de l'album, il nous explique que cela fait longtemps qu'il avait préparé ce crossover et nous cite de nombreux indices qu'il a disséminé un peu partout dans les précédentes séries sur lesquelles il a œuvré.

Cette fois, contrairement aux autres histoires du bonhomme, on est pas débordé par les dialogues. Il a su se limiter en y mettant juste ce qu'il faut. Ils n'en restent pas moins très percutants. Rien que les 2 premières pages arrivent de suite à nous plonger dans l'ambiance.

Les dessins eux, sont impeccables. C'est Leinil Yu (New Avengers) qui tient les pinceaux. Les détails sont très soignés, tous les effets d'ombres et de reflets sont travaillés, bref c'est un régal pour les yeux.

Donc, en se basant juste sur le numéro 1, "Secret Invasion" est une vraie réussite. Cela démarre encore plus fort que Civil War, et j'ai l'impression que cela ne peut que continuer crescendo.

Je veux la suiiiiiiite !!!


PS : Le site EW propose en preview les 10 premières pages de Secret Invasion, si vous voulez donc un aperçu de la série, vous pouvez cliquer ici.

lundi 31 mars 2008

Torso

C'est facile de dire "je suis fan de Bendis" quand on se contente uniquement de lire son travail chez Marvel.

Après vous avoir présenté Powers la semaine dernière, je vous propose de découvrir une autre oeuvre moins connue de notre dialoguiste chauve préféré : Torso.

Nous sommes en 1935, Eliot Ness, pas peu fier d'avoir fait tomber Al Capone (pour fraude fiscale) est appelé par la municipalité de Cleveland pour faire le ménage et traquer la corruption dans les rangs de la police. Mais son travail va très vite être dérangé par l'apparition d'un "serial killer" particulièrement macabre, découpant ses victimes et n'en laissant que leur torse.

Pour votre culture générale, Torso serait le premier tueur en série ayant œuvré aux Etats-Unis. Car, oui, l'histoire porte le label "inspiré de faits réels". D'ailleurs, dans les annexes de ce bouquin, Bendis affirme (documents à l'appui) avoir fait un vrai travail d'investigation et qu'il a essayé de se rapprocher le plus possible de la "réalité".

D'ailleurs, parmi les dessins s'incrustent par moments de vraies photographies de l'époque. Mais cela est fait de manière suffisamment subtile pour ne pas faire décrocher le lecteur.

Cependant, le réalisme est un peu le défaut de cette BD. Tout comme Zodiac, l'histoire se rattache beaucoup trop aux faits. Moi, en tant que lecteur de polar, je m'en tape pas mal que le tueur en série ait vraiment existé. Ce qui me plait, c'est une bonne intrigue avec de bons personnages. Que l'histoire soit véridique, c'est juste un plus.

Mais l'aspect "documentaire" mis de coté, Torso reste un bon polar. Même si le véritable mystère n'a jamais été vraiment élucidé, Bendis nous apporte sa propre théorie sur l'identité du tueur. On peut regretter cependant que certaines ficelles narratives soient un peu grosses et que l'enquête tombe dans un certain nombre de clichés.

Certains adoreront, d'autres s'ennuieront peut être. Ça dépends donc de vos gouts. J'ai mis quelques extraits pour vous faire une idée du style et des dessins de Marc Andreyko.

Ce n'est peut être pas la bd du siècle, mais qu'importe.
L'intérêt de ce comics vient surtout de l'ambiance très réussit du Cleveland des années 40. Bien évidemment avec Bendis, on a le droit à de bon dialogues et à des personnages crédibles et intéressants. C'est tout ce dont on a besoin pour passer un bon moment.La semaine prochain, je vous parlerais de Goldfish, ensuite, ce sera le tour de Jinx, puis Fortune & Glory. Oui, je décrète ce mois d'avril le mois du Bendis !