C'est facile de dire "je suis fan de Bendis" quand on se contente uniquement de lire son travail chez Marvel.Après vous avoir présenté Powers la semaine dernière, je vous propose de découvrir une autre oeuvre moins connue de notre dialoguiste chauve préféré : Torso.
Nous sommes en 1935, Eliot Ness, pas peu fier d'avoir fait tomber Al Capone (pour fraude fiscale) est appelé par la municipalité de Cleveland pour faire le ménage et traquer la corruption dans les rangs de la police. Mais son travail va très vite être dérangé par l'apparition d'un "serial killer" particulièrement macabre, découpant ses victimes et n'en laissant que leur torse.

Pour votre culture générale, Torso serait le premier tueur en série ayant œuvré aux Etats-Unis. Car, oui, l'histoire porte le label "inspiré de faits réels". D'ailleurs, dans les annexes de ce bouquin, Bendis affirme (documents à l'appui) avoir fait un vrai travail d'investigation et qu'il a essayé de se rapprocher le plus possible de la "réalité".
D'ailleurs, parmi les dessins s'incrustent par moments de vraies photographies de l'époque. Mais cela est fait de manière suffisamment subtile pour ne pas faire décrocher le lecteur.
Cependant, le réalisme est un peu le défaut de cette BD. Tout comme Zodiac, l'histoire se rattache beaucoup trop aux faits. Moi, en tant que lecteur de polar, je m'en tape pas mal que le tueur en série ait vraiment existé. Ce qui me plait, c'est une bonne intrigue avec de bons personnages. Que l'histoire soit véridique, c'est juste un plus.

Mais l'aspect "documentaire" mis de coté, Torso reste un bon polar. Même si le véritable mystère n'a jamais été vraiment élucidé, Bendis nous apporte sa propre théorie sur l'identité du tueur. On peut regretter cependant que certaines ficelles narratives soient un peu grosses et que l'enquête tombe dans un certain nombre de clichés.
Certains adoreront, d'autres s'ennuieront peut être. Ça dépends donc de vos gouts. J'ai mis quelques extraits pour vous faire une idée du style et des dessins de Marc Andreyko.
Ce n'est peut être pas la bd du siècle, mais qu'importe.
L'intérêt de ce comics vient surtout de l'ambiance très réussit du Cleveland des années 40. Bien évidemment avec Bendis, on a le droit à de bon dialogues et à des personnages crédibles et intéressants. C'est tout ce dont on a besoin pour passer un bon moment.
La semaine prochain, je vous parlerais de Goldfish, ensuite, ce sera le tour de Jinx, puis Fortune & Glory. Oui, je décrète ce mois d'avril le mois du Bendis !




























