
Elle s'appelle Jinx, elle est chasseuse de prime et elle est l'héroïne d'un polar en noir et blanc écrit par Brian Michael Bendis.
Notons tout d'abord que Jinx fait partie du même univers que Goldfish. On y retrouve certains personnages, notamment David Gold qui aura un rôle majeur dans l'histoire. Jinx a été écrit après Goldfish, mais l'histoire se déroule avant, vous me suivez ? Non, pas grave je continue.
Jinx traque les délinquants à la petite semaine contre une modique somme d'argent. Elle ne s'entend pas avec ses collègues et passe son temps à ramasser des raclures. Bref, sa vie est plutôt merdique. Par le biais de diverses coïncidences, elle va croiser le chemin de David Gold qui a justement une prime sur sa tête. Mais plutôt que de l'arrêter, les deux protagonistes vont mettre leurs efforts en commun pour retrouver un magot soigneusement caché.
Si vous avez aimé Goldfish, vous aimerez probablement Jinx. On y retrouve les mêmes ficelles narratives, le même style de dessins, et bien sûr les mêmes dialogues.



Si vous n'avez pas aimé Goldfish (ce qui peut se comprendre), vous n'aimerez probablement pas Jinx. Cependant, cette dernière histoire me semble tout de même légèrement meilleure et beaucoup plus aboutie. Les personnages gagnent en profondeur et ont un passé beaucoup plus coloré.
L'histoire est elle plus crédible dans Jinx ? Non, pas du tout. En fait, le scénario est complètement tiré par les cheveux. Bendis joue sur les retournements de situations improbables et n'accorde pas vraiment d'importance à la crédibilité de certaines scènes. L'auteur affirme avoir voulu faire une version moderne du "Bon, la brute et le truand". A partir de là, il ne s'embarrasse pas à monter une histoire qui tient debout, les scènes servent surtout de prétexte à créer de nouvelles situation entre les protagonistes.
Mais c'est là où le comics réussit son coup. On en vient à oublier l'histoire pour s'intéresser aux relations qui se tissent au fil de l'œuvre. Si on adhérait pas plus que ça aux personnages dans Goldfish, ici, l'alchimie entre cette chasseuse de prime et ce petit truand fonctionne.
Car là où Bendis fait fort, est qu'il nous plonge dans un polar noir à l'univers cynique et désabusé, et qu'il arrive à en ressortir une histoire d'amour, belle et touchante.

La semaine prochaine, on quitte le polar et on s'attaque à la comédie avec "Fortune & Glory".
4 commentaires:
J'adore le dialogue sur les films! Elle m'avait bien fait de l'oeil à la FNAC cette Jinx, mais je l'avais snobée. J'aurai pas dû...
Moi aussi, j'aime bien cette scène. C'est pour cela que je l'ai choisie comme extrait.
Ensuite, c'est assez spécial comme BD.
A toi de voir...
Excellents dialogues, ça fait un peu penser à certains Tarantino, quand les persos discutent de "Like a virgin" de Madonna par exemple (dans Reservoir Dogs je crois ?) ou quand les deux tueurs parlent des McDdo (dans Pulp Fiction).
C'est typiquement le genre de truc que j'adore (au ciné ou chez Bendis).
*MacDo je voulais dire.
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