lundi 7 avril 2008

Goldfish

Après Powers et Torso, attaquons nous à une autre œuvre moins connu du scénariste Brian Michael Bendis.

Goldfish est en effet une des premières histoires publiées par le scénariste à succès. L'auteur a tout fait lui même, de l'écriture, du découpage jusqu'aux dessins. On obtient alors un bon polar en noir et blanc jouant plus sur l'ambiance et ses dialogues que sur l'originalité de son scénario.

David Gold, arnaqueur à la petite semaine est de retour en ville après presque 10 ans d'absence. Avant de partir, il ne s'était pas fait que des amis. Goldfish compte se venger de son ancienne compagne devenue parraine locale. Il va alors tenter de remettre les pendules à l'heure dans une arnaque impliquant une partie de poker à très hauts risques.

Quand on ouvre ce gros bouquin (260 pages) on remarque tout de suite l'emprunt au cinéma de genre :
Une histoire d'arnaque (qui n'est que le premier tiers de l'histoire d'ailleurs), un homme au passé mystérieux et une ville remplie de gangsters. Dans cette histoire, quasiment tous les personnages sont ou des flics, ou des malfrats.

Même le découpage est cinématographique. Quand il n'y a pas de dialogues, ce sont souvent de longs silences aux cadres très travaillés qui prennent le pas.

Bref, tous les codes classiques du polars sont réunis. Cependant, on a parfois l'impression que Bendis en fait trop. En effet, son travail transpire l'exercice de style. L'auteur respecte presque trop le genre qu'il investit sans jamais vraiment le transcender.

Ce léger défaut mis à part, Goldfish a toutes les qualités que l'on retrouve dans la quasi totalité des œuvres de Bendis. Je parle bien sûr des très bons dialogues, des personnages attachants et contrastés et de l'ambiance très réussi qui se dégage de ces pages.

Quand tous ces éléments sont réunis, il est difficile de ne pas se trouver devant une bonne BD. Cependant, pour l'apprécier, il faut vraiment aimer ce genre d'histoires. Pour peu que l'on accroche pas aux personnages, il devient alors très facile de s'ennuyer. Les dessins restent parfois assez minimalistes et certaines pages contiennent tellement de dialogues que Bendis a carrément supprimé les bulles pour nous mettre uniquement des pages de textes avec juste un dessin en arrière plan.

Vous l'aurez compris, Goldfish ne s'adresse pas à tout le monde. Mais pour peu que vous soyez fan de l'auteur et que vous aimiez le genre, alors dans ce cas l'achat devient plus qu'envisageable.

La semaine prochaine : Jinx (si j'ai le temps de le relire).

3 commentaires:

wade wilson a dit…

Ca a l'air énorme visuellement! L'ambiance polar est très à la mode en ce moment dans les comics US...

Neault a dit…

C'est à mon sens un poil en dessous de Torso. Pas forcément ce que je conseillerais pour se faire une idée de Bendis mais, quand on le connaît un peu et pour s'offrir une virée hors Marvel, c'est plutôt sympa.

Matt Murdock a dit…

Effectivement, ce n'est pas ce que je recommanderais en premier non plus. Ça doit être assez déstabilisant pour celui qui n'a pas l'habitude de ce genre de roman.

Pour se faire une bonne idée de Bendis "hors Marvel", à mon sens, il vaut mieux lire Powers. Ça s'est du pur Bendis's style.

Ensuite, j'ai plus accroché à Jinx, même si le récit est rarement crédible. Mais bon, ça c'est pour la semaine prochaine...